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AKASUGA, une latrine à trois rôles essentiels

Organisation de défense de l'environnement et de développement durable

Dans le cadre de la mise en œuvre des activités du projet BDI 1043 exécuté par l’Organisation de Défense de l’Environnement et le Développement Durable « ODEB » et la Fondation Stamm en partenariat avec Welthungerhilfe Burundi, une mission de suivi des travaux de formation des bénéficiaires à la construction des latrines écologique a été menée en dates des 19 et 20 août 2020.

La mission qui a débutée en commune Gashikanwa, zone Gatobo de la province NGOZI, a vu la participation de 60 personnes  dont 28 femmes et 32 hommes des collines Gitanga, Musumba , Sigi et Ruhengeri  rassemblées dans une des salles de classe de l’Ecole Fondamentale, « ECOFO Musumba » pour suivre la formation tant attendue .

Outre la formation des travailleurs qualifiés, le groupe cible  du projet a été formé au cours de la semaine du 17 au 21 Août 2020.

Ainsi une mission de suivi des travaux de formation des bénéficiaires à la construction des latrines écologique a été menée en dates des 19 et 20 août 2020.

Le lendemain, c’était le tour de la commune Ruhororo, zone Mubanga; de la même province de Ngozi  où 70 personnes  des collines Ryarunyinya,Mihigo,Gitwenzi ont été formées, dans la grande salle de la paroisse Gitwenzi. Les 10 personnes qui se sont ajoutées à l’effectif prévu de 60 personnes sont celles qui étaient empéchées lors de la précédente formation. Sur 70 personnes participantes, 30 étaient des femmes, les hommes étant au nombre de 40.

Le modèle de latrine « Akasuga », fait en grande partie de matériaux locaux, permet la transformation des fèces en engrais (au bout d’une année après  le remplissage de la latrine, les fèces peuvent être utilisées comme engrais organique). Quatre unités de 60 participants chacune ont été formées dans chacune des communes d’action du projet BDI 1043-18 à savoir : la commune Gashikanwa et la commune Ruhororo c’est-à-dire au total 240 bénéficiaires qui agiront ensuite comme formateurs dans leurs villages respectifs pour pérenniser les acquis de la formation.

La formation était axée sur 8 points à savoir :

  • Introduction
  • Evaluation de l’état d’hygiène des bénéficiaires  en particulier et dans les zones visitées en général
  • L’assainissement pour des fins agricoles
  • Emplacement de l’Akasuga(où construire sa latrine)
  • Utilisation de AKASUGA
  • Gestion et entretien de AKASUGA

 Que ce soit à Gashikanwa ou à Ruhororo , monsieur, NDAYISABA Désiré, coordonnateur provincial chargé de la santé, hygiène et assainissement en province Ngozi, recruté comme formateur a tout d’abord introduit AKASUGA aux participants à la formation, notamment en définissant l’AKASUGA en toutes lettres (Akazu Ka Surwumwe Gatanga Amase).

Construction d’une latrine AKASUGA en commune Gashikanwa

Interrogés pour savoir si  le phénomène de défécation à l’air libre était observé dans leur entourage/voisinage; les bénéficiaires du projet BDI 1043 ont malheureusement répondu que oui.

Etant donné que parmi les participants, quelque uns  étaient des éleveurs de porcs ; le formateur a rappelé que de par le cycle de la chaîne alimentaire un porc qui aura été infecté par des selles infestés  de parasites, contaminera à son tour un bon nombre de consommateurs si rien n‘est fait pour pallier à ce cycle vicieux. Les maladies telles que: Tænia saginata (ténia du porc) et Tænia solium (ténia du bœuf), etc. séviront toujours. Toutefois le formateur leur a fait savoir que la latrine écologique  AKASUGA est l’un des instrument/moyen pour mettre un terme à cette problématique.   

              

AKASUGA, une latrine à trois rôles essentiels

Selon, monsieur NDAYISABA Désiré, coordonnateur provincial en charge de la promotion de la nutrition, hygiène et assainissement à Ngozi, la latrine AKASUGA contribue premièrement à la protection contre les maladies diarrhéiques, deuxièmement elle contribue aussi à lutter contre la pollution et vivre  harmonieusement dans un environnement sain ; mais et surtout, la latrine AKASUGA révolutionne la vie paysanne car elle  procure de la fumure organique. Tels sont les 3 rôles d’une latrine AKASUGA.   

L’AKASUGA doit être construite sur un emplacement plat de son terrain pour assurer une moindre pénétration d’eaux des pluies ou autre eaux vers la nappe phréatique. Il faut aussi que la latrine soit construite a plus de 20 mètres de la maison pour des raisons d‘assainissement bien que l’AKASUGA soit inodore.

En ce qui est de son utilisation, l’utilisateur doit d’abord y verser deux à trois pelles de paille d’herbes sèches, la paille d’herbes sera ré ajoutée après chaque deux mois. Après chaque usage l’utilisateur doit verser un peu de cendre pour garder le fond de la latrine sec afin d‘ éviter toute moisissures, l’utilisateur doit aussi verser dans le fond de la latrine une pelle de terre et de son de bois ou simplement des feuilles d’arbres mortes après chaque deux mois.

Selon le Formateur, ces techniques d’utilisation  doivent être respectées jusqu’au remplissage de la latrine. Néanmoins, une distance de 10 cm entre la dalle et le fond doit être libérée pour aérer le compost. Le formateur a insisté en rappelant que la fumure ne peut être utilisable qu’après une année à partir du jour de la fermeture de la latrine.

Quant à la gestion d’une AKASUGA, elle  ne se limite  généralement qu‘au balayage en évitant de  torchonner  pour qu’il n’y est pas d’imbibition de l’eau dans le fond de la latrine.

Les bénéficiaires étaient très enthousiaste par rapport à la formation en témoigne, les innombrables questions posées au formateur, signe d’un engouement manifeste.